DHSI 2025 Institute Lecture: Béatrice Joyeux-Prunel (Université de Genève)

DHSI 2025 Institute Lecture: Béatrice Joyeux-Prunel (Université de Genève)

🎙 Béatrice Joyeux-Prunel 👥 63 📅 10 septembre 2025 ⏱ 49 min 👁 54 📄 conférence 🧭 2026-08-16
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

histoire de l'arthumanités numériquesanalyse de donnéesvisualisationintelligence artificielle

Résumé

Béatrice Joyeux-Prunel, professeure d’humanités numériques à l’Université de Genève, présente une conférence intitulée « What Can Data Do for Art History? ». Elle commence par situer son parcours, formée en histoire et non en histoire de l’art, et explique comment elle a été amenée à utiliser des méthodes computationnelles. Elle aborde les critiques de l’histoire de l’art numérique, notamment celles de Claire Bishop, qui dénoncent le réductionnisme, le manque de réflexion critique, l’instrumentalisation néolibérale, la mythologie de la lecture distante et la déconnexion du contexte historique. Joyeux-Prunel estime que ces critiques reposent sur une méconnaissance des méthodes numériques. Elle présente ensuite le projet Artlas, qui rassemble des milliers de catalogues d’exposition pour étudier la circulation des œuvres et des artistes. Elle illustre son propos avec l’exemple de Picasso, qui n’a jamais exposé à Paris mais était très présent à l’étranger, ce qui a contribué à sa consécration. Elle souligne que les données permettent de révéler des schémas invisibles à l’œil nu, comme le fait que les femmes artistes représentant la France à la Biennale de Venise avaient des carrières plus riches que les hommes mais devaient souvent vivre à l’étranger pour être reconnues. Elle aborde ensuite le projet Visual Contagions, qui analyse la circulation des images dans la presse illustrée à l’aide d’algorithmes de vision par ordinateur. Elle reconnaît les limites techniques et structurelles, comme les biais de numérisation et les problèmes juridiques, mais insiste sur le fait que l’exhaustivité n’est pas l’objectif et que les données disponibles peuvent être significatives. Elle conclut en affirmant que la lecture distante nécessite une lecture rapprochée approfondie et que les méthodes numériques enrichissent l’histoire de l’art.

273 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La conférence apporte une valeur certaine en démontrant concrètement comment les données et les outils numériques peuvent renouveler l’histoire de l’art. L’argumentation est solide, appuyée sur des exemples précis issus de projets de recherche réels (Artlas, Visual Contagions). L’oratrice répond aux critiques en montrant que les méthodes numériques ne remplacent pas l’analyse qualitative mais la complètent. Elle insiste sur la nécessité d’une lecture rapprochée pour valider les résultats de la lecture distante. La démonstration est convaincante, même si certaines affirmations reposent sur des travaux personnels non détaillés dans la conférence.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La conférence est rigoureuse sur le plan scientifique : l’oratrice cite des projets financés, des publications et des sources primaires (catalogues d’exposition, périodiques). Elle mentionne les critiques de Claire Bishop et les travaux de Franco Moretti, mais sans donner de références précises. La qualité des sources est bonne, mais on pourrait souhaiter plus de citations explicites. L’adéquation entre le titre et le contenu est parfaite : la conférence répond directement à la question posée. Les commentaires ne sont pas fournis, donc aucune analyse des tendances du public n’est possible.

194 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre annonce une conférence sur l'apport des données à l'histoire de l'art, et le contenu correspond parfaitement.

Qualité & fiabilité

8/10

Conférence académique par une professeure reconnue en humanités numériques, s'appuyant sur des projets de recherche financés et des publications. Les propos sont argumentés et illustrés d'exemples concrets, mais certaines affirmations reposent sur des travaux personnels non détaillés.

Moments clés

Sources citées

  • Artlas Project — Projet de recherche sur l'histoire sociale et globale de l'art, mentionné comme base de données de catalogues d'exposition.
  • Visual Contagions — Projet de recherche sur la circulation des images dans la presse illustrée, mentionné comme exemple d'application de l'IA.

Sources concordantes

  • Artlas Project — Projet de recherche sur l'histoire sociale et globale de l'art, mentionné comme base de données de catalogues d'exposition.
  • Visual Contagions — Projet de recherche sur la circulation des images dans la presse illustrée, mentionné comme exemple d'application de l'IA.

Apport & nouveautés

La conférence apporte une perspective originale sur l’utilisation des données en histoire de l’art, en montrant comment les méthodes computationnelles peuvent révéler des schémas invisibles à l’analyse traditionnelle. Elle propose une réponse nuancée aux critiques, en reconnaissant les limites mais en soulignant les bénéfices concrets. L’accent mis sur la nécessité de combiner lecture distante et lecture rapprochée est une contribution importante.

Pour aller plus loin :

  • Humanités numériques — Pour comprendre le contexte général des humanités numériques.
  • Lecture distante — Concept de Franco Moretti, central dans la discussion.
  • Vision par ordinateur — Pour les aspects techniques de l’analyse d’images.

99 mots

Profil radar

Le profil radar montre des scores élevés en quantité et qualité d'information, ainsi qu'en fiabilité globale, reflétant une conférence dense et bien étayée. Le niveau technique est également bon, indiquant une certaine complexité dans les méthodes présentées, mais accessible à un public averti.

Fiabilité 8/10