Traduire en temps de guerre - Christine Lombez et Pauline Giocanti

Traduire en temps de guerre - Christine Lombez et Pauline Giocanti

🎙 Christine Lombez et Pauline Giocanti 👥 157K 📅 23 février 2026 ⏱ 29 min 👁 333 📄 conférence 🧭 2026-08-06
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

traductionrésistanceSeconde Guerre mondialelittératurecensure

Résumé

Cette conférence, donnée dans le cadre de la Nuit Blanche des Chercheur·es de Nantes Université, explore le rôle de la traduction littéraire comme acte de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Christine Lombez et Pauline Giocanti, chercheuses au laboratoire LAMO, présentent plusieurs exemples concrets. Elles évoquent d’abord les listes Otto, mises en place par l’occupant pour censurer les publications et interdire la traduction de littératures étrangères modernes, notamment anglo-saxonnes. En réaction, des revues comme Fontaine à Alger publient des numéros spéciaux consacrés à ces auteurs interdits, constituant un geste de résistance. Elles mentionnent également l’anthologie ‘Les Bannis’, publiée clandestinement par les Éditions de Minuit en 1944, qui réhabilite des poètes allemands exclus par le régime nazi. Le cas du traducteur Maxime Alexandre est détaillé : il traduit Hölderlin pour contrer la récupération nationaliste de ce poète par la propagande allemande. Enfin, Pauline Giocanti présente le cas de Madeleine Bosco, traductrice de circonstance, qui a traduit des textes pour la revue Aguedal à Rabat, et le projet ‘Literary Translators at War’ qui vise à rendre visibles ces traducteurs oubliés.

178 mots

Évaluation critique

La conférence offre un éclairage riche et documenté sur un aspect méconnu de la Seconde Guerre mondiale : la traduction comme acte de résistance. Les intervenantes, toutes deux spécialistes du sujet, s’appuient sur des exemples précis et des sources historiques, ce qui confère une grande crédibilité à leur propos. La structure est claire : après une contextualisation historique, elles présentent trois cas concrets (Fontaine, Les Bannis, Maxime Alexandre) puis élargissent la réflexion avec le cas de Madeleine Bosco et le projet de valorisation des traducteurs. L’argumentation est solide : elles montrent comment la traduction a pu être à la fois un outil de propagande pour l’occupant et un moyen de résistance pour les éditeurs et traducteurs. La dimension genrée est également abordée, soulignant le rôle souvent invisible des femmes traductrices. La qualité des sources est bonne, même si la conférence ne fournit pas de références bibliographiques détaillées. Le format oral et la durée limitée ne permettent pas d’approfondir certains points, mais l’ensemble est très instructif et accessible. L’adéquation entre le titre et le contenu est parfaite. On peut toutefois regretter que la dimension comparative avec d’autres pays ou d’autres conflits ne soit pas abordée, mais cela dépasse le cadre de cette présentation. En somme, une conférence de grande qualité, qui remplit son objectif de vulgarisation scientifique sans sacrifier la rigueur.

220 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre est parfaitement adapté au contenu : il annonce le sujet et les intervenantes, et la vidéo traite effectivement de la traduction en temps de guerre.

Qualité & fiabilité

8/10

Conférence de deux chercheuses universitaires, s'appuyant sur des archives et des exemples précis, dans le cadre d'un programme européen. Le discours est structuré et les affirmations sont étayées par des références historiques. La qualité est élevée, mais la forme orale et le format de vulgarisation limitent la profondeur des détails.

Moments clés

Sources citées

  • Nantes Université sur LinkedIn — Page officielle de Nantes Université, mentionnée dans la description de la vidéo.
  • Chaîne YouTube de Nantes Université — Lien d'abonnement à la chaîne, mentionné dans la description.

Sources concordantes

  • Liste Otto — Les listes Otto sont mentionnées dans la conférence comme outil de censure.
  • Éditions de Minuit — Les Éditions de Minuit sont citées pour leur publication clandestine de l'anthologie 'Les Bannis'.

Apport & nouveautés

Cette conférence apporte un éclairage original sur le rôle de la traduction littéraire comme acte de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, en mettant en lumière des cas concrets et des figures souvent oubliées. Elle contribue à la valorisation de ces acteurs de l’ombre et à la compréhension des enjeux culturels et politiques de la traduction en période de conflit.

Pour aller plus loin :

  • Liste Otto — Référence sur les listes de censure établies par l’occupant.
  • Éditions de Minuit — Maison d’édition clandestine qui a publié ‘Les Bannis’.
  • Friedrich Hölderlin — Poète allemand dont la traduction par Maxime Alexandre est analysée.

102 mots

Profil radar

Le profil radar montre une conférence équilibrée, avec des scores élevés en quantité et qualité d'information, ainsi qu'en fiabilité. Le niveau technique est légèrement inférieur, ce qui reflète une approche de vulgarisation accessible.

Fiabilité 8/10