Séminaire général du CERCRID "Le droit pénal au service de la transition écologique ?" 26 juin 2025

Séminaire général du CERCRID "Le droit pénal au service de la transition écologique ?" 26 juin 2025

🎙 Grégory Salle 👥 144 📅 3 juillet 2026 ⏱ 57 min 👁 24 📄 débat 🧭 2026-08-16
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

crime environnementaldroit pénaltransition écologiquegreen criminologylégalisme

Résumé

Ce séminaire du CERCRID, organisé en juin 2025, accueille Grégory Salle, sociologue et directeur de recherche au CNRS, pour discuter de son ouvrage “Qu’est-ce que le crime environnemental ?” paru en 2022. La présentatrice, Élise Letouzey, maîtresse de conférences en droit pénal, apporte un regard juridique. Salle commence par évoquer la réception mitigée de son livre, soulignant un décalage entre l’attente médiatique et la réalité. Il explique ensuite sa démarche : plutôt que de mesurer la criminalité environnementale, il propose de questionner la catégorie elle-même, ses usages sociaux et juridiques. Il critique le “légalisme” qui prend les normes pour acquises sans interroger leur production ni leur bien-fondé. Il illustre son propos par des exemples de définitions officielles, comme celle du ministère des Affaires étrangères, qui listent cinq catégories de crimes sans justification. Il insiste sur l’importance de la qualification sociale et juridique des atteintes à l’environnement, et sur les effets de pouvoir liés à ces catégories. La discussion qui suit aborde notamment la distinction entre crime et délit, la traduction des termes juridiques, et les enjeux de la quantification. Le séminaire se conclut sur une réflexion sur l’anthropocène et la nécessité de repenser les frontières entre légal et illégal.

199 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La valeur des informations est élevée : l’intervenant propose une analyse sociologique originale et critique de la notion de crime environnemental, en s’appuyant sur des références théoriques solides (Durkheim, Sutherland, Thompson) et sur une connaissance fine des textes juridiques. L’argumentation est solide et bien structurée : il déconstruit méthodiquement les évidences, montre les implicites des définitions officielles, et propose une approche alternative centrée sur la qualification. Il illustre son propos par des exemples concrets (directive européenne, définitions ministérielles) et répond aux objections avec nuance. La discussion avec la discutante enrichit le débat en confrontant les points de vue sociologique et juridique.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La rigueur scientifique est bonne : l’intervenant est un chercheur reconnu, et le propos s’appuie sur un ouvrage publié dans une maison d’édition prestigieuse. Les sources citées sont principalement des références académiques (Durkheim, Sutherland, Thompson) et des textes institutionnels (directive européenne, définitions ministérielles). La qualité des sources est donc élevée, même si l’intervention orale ne permet pas de vérifier toutes les références. L’adéquation titre/contenu est bonne : le titre annonce une interrogation sur le droit pénal et la transition écologique, et le contenu y répond en discutant la notion de crime environnemental et les limites du droit pénal. Aucun commentaire n’a été fourni, donc aucune analyse des tendances du public n’est possible.

228 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre annonce une interrogation sur le rôle du droit pénal dans la transition écologique ; le contenu y répond en grande partie, en discutant la notion de crime environnemental et les limites du droit pénal.

Qualité & fiabilité

8/10

Intervention d'un directeur de recherche CNRS, sociologue spécialiste de la question, dans un cadre académique (séminaire universitaire). Le propos est structuré, critique et s'appuie sur un ouvrage publié aux éditions du Seuil. La discussion avec une juriste spécialiste du droit pénal renforce la rigueur. Quelques limites : format oral, pas de démonstration empirique détaillée, mais la qualité scientifique est élevée.

Moments clés

Sources citées

  • Qu'est-ce que le crime environnemental ? — Ouvrage de Grégory Salle, éditions du Seuil, 2022, discuté lors du séminaire.
  • La nature est un champ de bataille — Ouvrage de Razmig Keucheyan, cité comme exemple de livre hybride.
  • Criminels climatiques — Ouvrage de Michael Corya, cité comme complément au livre de Salle.

Sources concordantes

  • Criminologie verte — Courant de recherche qui étudie les crimes et délits environnementaux, en accord avec la perspective de Salle.
  • Désobéissance civile — Concept pertinent pour comprendre les actions de désobéissance en faveur de l'environnement, évoquées dans la discussion.

Sources discordantes

  • Approche juridique classique — Certains juristes pourraient considérer que la critique du légalisme est trop radicale et ne tient pas compte des évolutions récentes du droit pénal de l'environnement.

Apport & nouveautés

L’apport original de cette intervention est de proposer une lecture sociologique critique de la notion de crime environnemental, en déplaçant la question de la mesure vers celle de la qualification. Il met en lumière les implicites des définitions officielles et les effets de pouvoir liés à ces catégories. Il propose une approche interdisciplinaire, croisant sociologie et droit, pour penser la transition écologique.

Pour aller plus loin :

  • Green criminology — Courant anglophone méconnu en France, central dans l’ouvrage de Salle.
  • Écocide — Notion discutée dans le contexte de la loi climat et résilience.
  • Désobéissance civile — Liée aux actions de désobéissance pour l’environnement, évoquées dans le débat.

107 mots

Profil radar

Le profil radar montre une bonne qualité d'information et une fiabilité élevée, avec un niveau technique soutenu. La quantité d'information est correcte, mais l'intervention orale limite la profondeur par rapport à un texte écrit. La discussion enrichit le propos.

Fiabilité 8/10