Inscriptions monumentales en Égypte ancienne : aperçu d’un temps en construction

Inscriptions monumentales en Égypte ancienne : aperçu d’un temps en construction

Sciences humaines, sociales & pensée Histoire NHHistoireNHCHistoire ancienne
🎙 Chloé Ragazzoli 👥 2K 📅 9 juillet 2026 ⏱ 26 min 👁 92 📄 conférence scientifique 🧭 2026-08-15
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

réinscriptiongraffititemporalitéhiéroglyphesrégime d'historicité

Résumé

Dans cette conférence donnée dans le cadre du programme PSL « Les fabriques de l’antique », Chloé Ragazzoli, égyptologue et directrice d’études à l’EHESS, explore la manière dont les inscriptions et réinscriptions monumentales en Égypte ancienne fabriquent le temps. Elle commence par une mise en perspective historiographique, montrant comment l’Égypte ancienne a été construite par l’Occident comme un horizon temporel, notamment à travers des exemples comme le zodiaque de Dendérah ou le Papyrus Prisse. Elle distingue ensuite deux temporalités égyptiennes : un temps cyclique et un temps orienté, et propose d’étudier les pratiques d’écriture comme révélateurs de ces temporalités. Elle se concentre sur l’épigraphie secondaire, c’est-à-dire les inscriptions ajoutées à des monuments existants, comme les graffiti de visiteurs dans les tombes. Ces pratiques, notamment au Nouvel Empire, témoignent d’un rapport au passé qui n’est pas simplement antiquaire mais aussi performatif : ils rendent le passé actif dans le présent, créant une simultanéité anachronique. Elle analyse des exemples concrets, comme la tombe d’Antéfiquer, où les visiteurs inscrivent leur nom et leurs prières, transformant le monument en sanctuaire. Elle souligne l’ambivalence de ces inscriptions qui, tout en reconnaissant le caractère ancien du monument, annulent l’irréversibilité du temps. Enfin, elle relie ces pratiques aux deux registres graphiques égyptiens, les hiéroglyphes et le hiératique, qui correspondent à des espaces-temps différents : l’un sacré et intemporel, l’autre pragmatique et processuel. La conférence montre ainsi comment l’écriture, en tant que pratique matérielle et performative, participe à la construction des temporalités.

244 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La conférence offre une valeur certaine en proposant une approche originale de la temporalité égyptienne à travers les pratiques d’inscription. L’argumentation est solide, s’appuyant sur des exemples précis et une réflexion théorique nourrie par les travaux de Michel de Certeau sur les pratiques de l’espace. Ragazzoli évite les généralisations et nuance la notion d’intérêt historique des élites, en montrant que les graffiti de visiteurs relèvent d’un régime d’historicité différent, où le passé est convoqué pour son efficience dans le présent. Elle articule habilement les dimensions spatiale et temporelle de l’écriture, et sa distinction entre hiéroglyphes et hiératique comme espaces-temps est éclairante. La démonstration est progressive et bien structurée, même si certaines transitions pourraient être plus fluides. L’ensemble est convaincant et ouvre des pistes de réflexion stimulantes.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La conférence témoigne d’une rigueur scientifique certaine : l’autrice, spécialiste reconnue, s’appuie sur des travaux épigraphiques et des sources primaires. Elle cite des auteurs comme Elk, Christian Jacob, et fait référence à des textes anciens (Hérodote, Platon). Cependant, elle ne fournit pas de références bibliographiques détaillées dans la vidéo, ce qui limite la vérifiabilité directe. Le titre est en adéquation parfaite avec le contenu. La conférence s’inscrit dans un cadre académique (programme PSL) et la description fournit un lien vers le site du programme, ce qui renforce la crédibilité. Aucun commentaire n’a été fourni pour analyse.

237 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre correspond parfaitement au contenu : la conférence explore la réinscription monumentale comme révélateur des temporalités égyptiennes.

Qualité & fiabilité

8/10

Conférence académique par une égyptologue reconnue, s'appuyant sur des travaux de recherche et des sources épigraphiques. Le propos est nuancé et critique, avec une mise en perspective historiographique. Quelques affirmations générales sans références précises, mais l'ensemble est rigoureux.

Moments clés

Sources citées

Sources concordantes

Apport & nouveautés

Cette conférence apporte un éclairage original sur la temporalité égyptienne en se focalisant sur les pratiques d’inscription plutôt que sur les discours cosmologiques. Elle propose une lecture anthropologique de l’épigraphie secondaire, montrant comment les graffiti et les réinscriptions créent des ponts entre différents régimes de temporalité. L’approche de Ragazzoli, qui combine histoire, anthropologie et épigraphie, renouvelle la compréhension du rapport des Égyptiens à leur passé.

Pour aller plus loin :

  • Épigraphie — Pour comprendre les méthodes d’étude des inscriptions anciennes.
  • Michel de Certeau — Ses travaux sur les pratiques de l’espace et du temps sont centraux dans l’argumentation.
  • Hiéroglyphes égyptiens — Pour approfondir le système d’écriture et ses usages.
  • Régime d’historicité — Concept de François Hartog, pertinent pour analyser les rapports au temps.

123 mots

Profil radar

Le profil radar montre une conférence équilibrée, avec des scores élevés en quantité et qualité d'information, ainsi qu'en fiabilité. Le niveau technique est également bon, indiquant un contenu accessible mais exigeant. La conférence se distingue par sa rigueur et sa richesse, avec une légère faiblesse sur l'aspect technique pour un public non spécialiste.

Fiabilité 8/10