RuCCS-Drs. Jacob Feldman & Susanna Schellenberg- Double Feature Dialogue-Tuesday, September 15, 2026

RuCCS-Drs. Jacob Feldman & Susanna Schellenberg- Double Feature Dialogue-Tuesday, September 15, 2026

RuCCS-Drs. Jacob Feldman & Susanna Schellenberg- Dialogue de double programme-Mardi 15 septembre 2026

🎙 Rutgers Center for Cognitive Science (RuCCS) — Jacob Feldman & Susanna Schellenberg 👥 569 📅 22 septembre 2026 ⏱ 91 min 👁 120 📄 étude originale 🧭 2026-10-08
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

Game of Hidden Rulescompositionnalitétransfert d'apprentissageapprentissage par renforcementautoréférence

Résumé

Cette captation de séminaire du Rutgers Center for Cognitive Science réunit deux interventions sur un thème commun : la comparaison entre intelligence humaine et intelligence artificielle. Jacob Feldman (psychologie) présente le « Game of Hidden Rules » (GOHR), une tâche de découverte de règles où un joueur, humain ou IA, doit classer des objets selon une règle inconnue inférée par essais-erreurs. Les objets varient selon forme, couleur et position, et les règles peuvent être basées sur des caractéristiques, l’espace ou des séquences, et surtout être composées. Les résultats montrent que les humains résolvent en moyenne en 68 coups contre plus de 8 000 pour un modèle d’apprentissage par renforcement (A2C avec transformers), soit un rapport d’environ 120 pour 1. Plus important, la corrélation entre performance humaine et performance de l’IA sur les mêmes règles est quasi nulle. Le résultat central concerne le transfert : lorsque des règles simples A et B précèdent une règle composite A+B, le bénéfice observé chez l’humain ne se retrouve pas chez l’IA, et les transferts simple-vers-composite sont presque totalement décorrélés entre humains et IA. Feldman en conclut que l’IA contemporaine ne reflète pas encore la manière dont les humains apprennent de leur expérience antérieure. Susanna Schellenberg (philosophie) enchaîne sur l’autoréférence et la métacognition : notre capacité à introspecter nos pensées, évaluer notre progression et reconfigurer notre approche est centrale à l’intelligence humaine mais marginale en IA. Elle identifie des formes émergentes d’autoréférence artificielle (mécanismes d’auto-attention des grands modèles de langage, méta-apprentissage par renforcement, second-guessing), mais souligne leur rigidité et leur caractère d’effet secondaire plutôt que de cible explicite. Elle plaide pour qu’une capacité générale d’autoréférence devienne un objectif de recherche à part entière.

278 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La valeur informative de cette intervention réside dans la construction d’un banc d’essai commun permettant de comparer humains et IA sur une même tâche, ce qui est rare dans un domaine où les comparaisons relèvent souvent de la spéculation. Le GOHR présente l’avantage d’être accessible aux deux types d’agents, de permettre la randomisation des règles et de générer des mesures quantitatives (nombre de coups avant résolution). L’argumentation de Feldman progresse de manière méthodique : après avoir montré l’écart brut de performance (68 vs 8 000 coups), il anticipe lui-même l’objection d’iniquité de la comparaison (sujet humain non naïf contre IA blank slate) et recentre le propos sur la question du transfert, plus équitable car elle porte sur l’effet de l’expérience préalable. Le dispositif expérimental A/B/A+B avec contrôle incongruent (C+D) est bien conçu pour isoler l’effet de compositionnalité. Le résultat négatif — absence de transfert chez l’IA et décorrélation avec le transfert humain — est présenté comme un constat empirique plutôt qu’une affirmation définitive, ce qui renforce la crédibilité. L’argumentation de Schellenberg est plus conceptuelle : elle procède par identification d’analogies (auto-attention, méta-RL, second-guessing) puis par évaluation critique de leur portée limitée. Sa thèse — l’autoréférence générale comme clé du prochain palier de l’IA — est un plaidoyer programmatique, moins étayé empiriquement que la partie de Feldman, mais cohérent avec la littérature en philosophie de l’esprit et en sciences cognitives. La faiblesse principale tient à l’absence de données chiffrées complètes et de tests statistiques détaillés dans la présentation orale, ainsi qu’à la non-publication accessible des résultats évoqués.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La rigueur méthodologique est globalement solide : recrutement sur Prolific avec exclusion des sujets ayant déjà participé, comparaison entre conditions congruentes et incongruentes, distinction entre tous les sujets et les meilleurs sujets pour épurer les données, et utilisation d’un modèle RL de référence (A2C avec transformers) avec plusieurs jeux de paramètres. L’orateur reconnaît explicitement les limites de la comparaison et ne surinterprète pas ses résultats. La qualité des sources est toutefois difficile à évaluer : la description ne contient aucun lien vers une publication, un preprint ou un jeu de données, et les références mentionnées oralement (Paul Gander, How Wang, Lazarus Gallas, Vladimir Menov) ne sont pas accompagnées de citations bibliographiques précises. L’évocation de Jerry Fodor et Zenon Pylyshyn sur la compositionnalité reste allusive. L’adéquation titre/contenu est correcte : le titre annonce un double programme avec deux intervenants, ce que la vidéo délivre effectivement. Aucun commentaire n’étant fourni, aucune analyse des tendances du public n’est formulée.

427 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre annonce un double programme avec deux intervenants sur un thème commun ; le contenu correspond effectivement à deux exposés (compositionnalité humain/IA par Feldman, autoréférence et métacognition par Schellenberg) suivis d'un dialogue. Adéquation correcte, bien que le titre soit purement descriptif et n'annonce pas le thème précis.

Qualité & fiabilité

7/10

Présentation de résultats expérimentaux originaux issus d'un laboratoire universitaire reconnu (RuCCS, Rutgers), avec un protocole explicite (tâche GOHR, sujets Prolific, modèle RL A2C avec transformers, mesures de transfert simple-vers-composite). Les limites sont reconnues par l'orateur lui-même (comparaison biaisée entre sujet humain non naïf et IA blank slate, espace de paramètres non isomorphe). Cependant, la vidéo est une captation de séminaire sans données chiffrées complètes ni publication associée accessible dans la description, ce qui empêche toute vérification indépendante des résultats présentés.

Moments clés

Apport & nouveautés

L’apport original de cette intervention réside dans la construction d’un banc d’essai unifié — le Game of Hidden Rules — permettant de soumettre humains et IA à une même tâche de découverte de règles, avec des mesures quantitatives comparables. Là où la plupart des comparaisons humain/IA reposent sur des intuitions ou des exemples anecdotiques, ce travail produit un résultat empirique précis : l’absence de corrélation entre les performances humaines et celles d’un modèle RL sur les mêmes règles, et surtout la décorrélation des effets de transfert simple-vers-composite. Ce dernier point est particulièrement intéressant car il déplace le débat de la question de la performance brute vers celle de la structure de l’apprentissage. La seconde intervention apporte une perspective complémentaire en identifiant l’autoréférence comme capacité centrale de l’intelligence humaine encore absente en IA, et en proposant d’en faire un objectif de recherche explicite plutôt qu’un effet secondaire. L’ensemble dessine une thèse commune : les progrès de l’IA ne se mesureront pas seulement à sa capacité à résoudre des tâches, mais à sa capacité à apprendre de manière structurée et à se prendre elle-même pour objet.

Pour aller plus loin :

  • Compositionnalité (linguistique et philosophie de l’esprit) — Concept central de la première intervention, discuté notamment par Fodor et Pylyshyn.
  • Apprentissage par renforcement — Cadre théorique du modèle A2C utilisé pour l’IA dans le GOHR.
  • Métacognition — Notion au cœur de la seconde intervention, liée à l’autoréférence et à l’évaluation de sa propre progression.
  • Transfert d’apprentissage (psychologie) — Problème central du protocole expérimental A/B/A+B.
  • Mécanismes d’auto-attention (self-attention) dans les transformers — Mentionnés par Schellenberg comme forme émergente d’autoréférence artificielle ; référence à l’article fondateur « Attention Is All You Need » (Vaswani et al., 2017), sans URL pour éviter toute approximation.

289 mots

Profil radar

Le profil radar montre un contenu à forte densité technique (8/10) et une bonne quantité d'information (7/10), porté par la présentation détaillée d'un protocole expérimental original. La qualité et la fiabilité (7/10) sont solides mais limitées par l'absence de publication accessible et de données statistiques complètes dans la présentation orale. Le profil est celui d'un séminaire de recherche universitaire rigoureux, plus riche en concepts qu'en références bibliographiques explicites.

Fiabilité 7/10