ICMM Congress 2024: Cultural Heritage Sustainability and Museums in War Plenary Session

ICMM Congress 2024: Cultural Heritage Sustainability and Museums in War Plenary Session

Congrès ICMM 2024 : Durabilité du patrimoine culturel et musées en guerre, session plénière

🎙 ICMM Congress 👥 73 📅 31 octobre 2024 ⏱ 43 min 👁 79 📄 débat 🧭 2026-10-09
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

patrimoine culturelmusée navalarchéologie sous-marinebarrage de Kakhovkaguerre en Ukraine

Résumé

Cette session plénière du Congrès international des musées maritimes (ICMM) 2024, tenue au Het Scheepvaartmuseum d’Amsterdam, est consacrée à la durabilité du patrimoine culturel et aux musées en temps de guerre. Le modérateur Lars Amreus (musées nationaux suédois des transports et de la mer) introduit le thème en rappelant que l’invasion russe de l’Ukraine constitue une forme de colonialisme contemporain visant à détruire la culture ukrainienne. Le premier intervenant, Sergii Paliienko (musée naval central d’Ukraine), retrace en visioconférence l’histoire de son institution : établie en 1995 à Balaklava autour de l’ancienne base sous-marine soviétique, elle a perdu ses bâtiments et une partie de ses collections lors de l’annexion de la Crimée en 2014, avant d’être relocalisée à Kiev. Il décrit ensuite les destructions subies depuis février 2022 — navire de recherche détruit, corvette V. Ukraina coulée par missile — et les nouvelles missions du musée, notamment la constitution d’une unité de déminage humanitaire et des projets de muséification de navires. Le second intervenant, Dmytro Kobaliia (réserve nationale de Khortytsia), archéologue engagé volontaire dans l’armée ukrainienne, analyse les conséquences de la destruction du barrage de Kakhovka en juin 2023 sur le patrimoine archéologique subaquatique. Il décrit deux processus opposés : l’assèchement de vastes zones du réservoir, qui fait réapparaître des sites archéologiques majeurs (Sich de Zaporijjia, capitale de la Horde d’or, sites scythes), et l’intensification du courant en aval, qui érode les berges et disperse les épaves de la flottille du Dniepr du XVIIIe siècle.

244 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La valeur informative de cette session réside dans la conjonction rare de deux témoignages complémentaires : celui d’un responsable de musée confronté à la destruction matérielle de son institution et à la réinvention forcée de ses missions, et celui d’un archéologue de terrain qui poursuit ses recherches tout en servant comme soldat. Le premier apporte un éclairage concret sur les conséquences opérationnelles d’un conflit pour une institution patrimoniale : perte de bâtiments et de collections, relocalisation, reconversion d’équipes scientifiques en opérateurs de déminage, difficultés administratives et financières. Le second offre une analyse géomorphologique et archéologique de grande précision, articulant les données hydrologiques (baisse du niveau de l’eau de 6 à 16 mètres, réduction de 91 % de la superficie du réservoir, augmentation de la vitesse du courant d’un facteur dix) aux conséquences sur les sites archéologiques. L’argumentation de Kobaliia est particulièrement solide : il établit un parallèle entre les crues de la fin du XXe siècle, dont les effets sur les épaves sont documentés, et les processus actuels, plusieurs fois plus intenses et sans terme prévisible. Cette mise en perspective historique confère à son propos une profondeur analytique remarquable. La dimension argumentative la plus forte reste toutefois la démonstration, par les deux intervenants, que la destruction du patrimoine n’est pas un dommage collatéral mais un objectif stratégique, ce qui rejoint la notion de colonialisme évoquée en introduction. On peut regretter l’absence de données quantitatives globales sur les pertes patrimoniales et le caractère parfois allusif de certaines références historiques, mais le format de la session ne s’y prêtait guère.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La rigueur scientifique de cette session repose principalement sur l’expertise directe des intervenants et sur leur position institutionnelle. Sergii Paliienko s’appuie sur l’histoire documentée de son musée et sur des faits vérifiables : l’annexion de la Crimée en mars 2014, la destruction du navire de recherche, la frappe de missile sur la corvette V. Ukraina. Dmytro Kobaliia mobilise des données hydrologiques précises et une connaissance approfondie de l’archéologie subaquatique de la région, avec des références à des fouilles antérieures et à des épaves identifiées. Aucune bibliographie formelle n’est toutefois fournie, et les sources des données chiffrées ne sont pas explicitées dans la présentation orale. Le cadre institutionnel — congrès international de musées maritimes — garantit un niveau d’expertise reconnu par les pairs. L’adéquation entre le titre et le contenu est excellente : la session traite bien de durabilité du patrimoine culturel et de musées en temps de guerre, sans écart thématique. Aucun commentaire n’étant fourni, aucune analyse des tendances du public n’est proposée.

436 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre correspond fidèlement au contenu : deux interventions traitant de la préservation du patrimoine culturel maritime ukrainien en contexte de guerre, dans le cadre d'une session plénière du congrès ICMM 2024.

Qualité & fiabilité

7/10

Témoignages directs de professionnels ukrainiens de musées et d'archéologie maritime, présentés lors d'un congrès international reconnu (ICMM). Les faits rapportés (annexion de la Crimée en 2014, destruction du barrage de Kakhovka en juin 2023, pertes de navires et de bâtiments muséaux) sont largement documentés par ailleurs. Les données hydrologiques et archéologiques présentées par Kobaliia sont précises et cohérentes. Absence toutefois de références bibliographiques formelles et de données chiffrées sourcées dans la présentation orale.

Moments clés

Repères établis par PSI à partir de la transcription : le créateur n'a pas défini de chapitres.

Apport & nouveautés

Cette session apporte un témoignage de première main sur un aspect rarement documenté des conflits contemporains : la gestion du patrimoine culturel maritime en zone de guerre. Elle combine deux perspectives complémentaires — celle d’un administrateur de musée contraint de réinventer son institution et celle d’un archéologue de terrain qui analyse les transformations géomorphologiques majeures causées par la destruction d’un barrage. L’apport le plus original réside dans l’analyse par Dmytro Kobaliia des effets de la destruction du barrage de Kakhovka sur le patrimoine archéologique subaquatique : il identifie deux processus opposés et simultanés — l’assèchement qui fait réapparaître des sites majeurs et l’intensification du courant qui détruit et disperse les épaves — et les replace dans une perspective historique en les comparant aux crues de la fin du XXe siècle. Cette approche permet de formuler des hypothèses sur l’évolution à long terme des sites. La présentation de Paliienko illustre par ailleurs la manière dont une institution patrimoniale peut se transformer en acteur de la résilience face à un conflit, notamment par la création d’une unité de déminage humanitaire.

Pour aller plus loin :

  • Destruction du barrage de Kakhovka — Contexte et conséquences de l’événement au cœur de l’intervention de Dmytro Kobaliia.
  • Archéologie sous-marine — Discipline dont relèvent les travaux des deux intervenants.
  • Patrimoine culturel en temps de guerre — Cadre général des enjeux évoqués lors de la session.
  • Convention de 2001 de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique — Instrument juridique international pertinent pour les questions soulevées.
  • Réserve nationale de Khortytsia — Institution dirigée par Dmytro Kobaliia, au cœur des sites archéologiques mentionnés.

265 mots

Profil radar

Le profil radar indique une session riche en informations factuelles et en témoignages directs, avec une qualité d'information solide reposant sur l'expertise des intervenants. Le niveau technique est modéré : les données hydrologiques et archéologiques sont précises mais présentées de manière accessible. La fiabilité globale est bonne, bien que l'absence de références bibliographiques formelles limite la vérifiabilité de certaines affirmations.

Fiabilité 7/10